Interviews - Portraits

Martine Dassault

Martine Dassault, une femme d’exception

Frêle, brune, élégante, d’une rare sobriété, Martine Dassault nous reçoit, frileusement enveloppée dans un châle de cachemire.

« Je redoute l’hiver, nous-dit-elle, mon corps se rétracte tout entier, je vis dans l’attente du prochain soleil. » Elle est précise et précieuse à la fois, extrêmement féminine, fragile et déterminée.

Sa maison lui ressemble, pleine de charme et de coups de cœur.

Partout des photos, elle nous montre ses fils, Julien et Adrien , 26 et 21 ans, dont elle dit qu’ils ont vécu en symbiose.

Après une admissibilité à l’école Normale Supérieure de Fontenay, elle poursuit des études littéraires à la Sorbonne, dans l’idée de devenir critique littéraire, puis épouse Laurent Dassault.

Les premières années, elle se consacre à sa famille, puis rapidement, fréquente l’école du Louvre, et entame une carrière de journaliste d’art à Décoration Internationale, puis à Maison Française et à Art Press.

En 91, elle interrompt momentanément sa carrière, Décoration Internationale avait fermé, Maison Française changeait de politique, l’art ne faisait pas vendre, c’était la crise.

En 99, on lui prose de diriger un magazine d’art sur le Net. L’aventure la tente, elle en tire une expérience formidable. « Je n’avais jamais touché un ordinateur, dit-elle, j’ai appris en deux mois, sur le tas. »

Puis tout bascule, sa mère est tuée en 2001 par un chauffard, en traversant la rue.

C’est le passage au livre. « Toute sa vie ma mère m’avait demandé un roman. » « Crash » paru en 2004 décrypte les mécanismes d’une destinée, et d’une difficulté à être.

Les lys Casablanca, qui viennent de paraître, deuxième volet de la trilogie, raconte une histoire d’amour douce-amère, comme un chemin initiatique.

Elle promet le troisième volume pour 2006.

Pudique, et exacerbée, Martine ne laisse personne s’immiscer dans la légende Dassault.

Lorsque qu’on lui pose l’habituelle question, qui êtes-vous par rapport à…, elle répond gracieusement mais fermement : je suis la mère de mes fils. Impossible de lui faire dire autre chose.

Elle a choisi la voie royale, être reconnue, après avoir été connue. Son pari, son défi, exister en tant qu’écrivain.

Elle se dit facilement émue, plus que surprise. La folie, l’hystérie féminine sont des thèmes qui la passionnent, et qu’elle souhaite aborder un jour.

Toutes les grandes héroïnes ont transgressé, dit-elle, quelle est la limite ?

Son nom célèbre ailleurs ne devrait pas l’empêcher de devenir un écrivain à part entière.

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