Rencontre avec Pal Sarkozy
Par Michel Soyer.
Père du Président Français Nicolas Sarkozy, né à Budapest et parlant 4 langues, issu de la noblesse terrienne hongroise, marié 4 fois et père de 5 enfants, Pal Sarkozy fuit le communisme à l’âge de 20 ans. Aujourd’hui à 82 ans, il vient de publier son livre « Tant de Vie » chez Plon. Ancien publicitaire, il entre en peinture sur le tard, dans un style que l’on peut qualifier de néo-surréaliste.
Pal Sarkozy est devenu en peu de temps un incontournable de l’art contemporain, enchaînant les expositions à Madrid, Malaga, Amsterdam, Budapest, Le Caire, Doha, Marrakech, Bruges. Reçu à Paris à l’Espace Pierre Cardin sur le thème de « l’Entente Subtile » en collaboration avec Werner Hornung, mariage du « fine art » de l’un et du « digital art » de l’autre, il présente une synthèse de dessins et de manipulations photographiques et numériques célébrés dans son catalogue comme la matière d’une nouvelle société de créativité technologique.
A l’étage de l’Espace Pierre Cardin, l’escalier mène à une gigantesque salle tendue de noir, scénographie joaillière où chaque grand tableau au mur est pointé de lumière blanche. Une foule se presse autour des artistes, flashes et caméras tournoient, le vernissage est un succès. Sylvana Lorenz m’accueille dans son incontournable robe rouge, marque de la maison et me guide vers la pièce construite au milieu de la salle, sorte de carré VIP de l’événement où se tiennent les stars de la soirée. Séducteur, grand et disert, Pal Sarkozy reçoit People and Gotha au milieu d’un public serré et fervent, épaule contre épaule avec Maître Pierre Cornette de Saint-Cyr, qui a préfacé le catalogue de l’exposition et qui a bien du mal à ne pas répondre aux questions à sa place, tant l’ambiance est fraternelle.
Pal Sarkozy : Comme cela fait seulement 6 ans que j’ai commencé à peindre, je me considère comme un jeune artiste en France. Dans la jungle des nouveaux artistes, j’essaie de trouver mon chemin, j’attends les vrais critiques pour me diriger plus à gauche, plus à droite ou rester dans la même ligne.
Pal Sarkozy : Éoutez, je suis Français depuis 1974, alors il n’y a pas très longtemps. Avez-vous remarqué que les artistes sont toujours là où il y a une expansion de l’économie, où il y a de l’argent ? Au XIXème , début XXème siècle, tous les grands artistes étaient en France, maintenant ils sont aux USA. Avant cela, ils étaient à Vienne et à Berlin. Les artistes sont attirés là où il y a l’argent, là où l’on achète l’art. Ailleurs, il n’y a pas de grands mouvements artistiques, par exemple en Tchéquie ou en Pologne. Mais Il y a eu de grands artistes en Hongrie aux siècles derniers qui sont restés inconnus, nous organiserons avec Pierre Cornette de Saint-Cyr une grande exposition au Palais de Tokyo pour faire connaître ces artistes qui le méritent.
Pal Sarkozy : Cela m’a aidé, mais voyez là des peintures que j’ai faites en 1949 et en 1950, j’ai seulement peint, tout simplement sans raconter d’histoire. Mais chaque tableau, c’est le côté publicitaire, raconte une histoire. Il faut non seulement les voir, il faut leur parler, il faut les comprendre, les posséder complètement, c’est quelque chose de nouveau. L’acheteur d’un tableau l’ingère, le voit tous les matins. Le tableau ne raconte pas seulement une histoire, il raconte aussi bien le malheur que le bonheur, c’est vous qui l’interprétez.
Pal Sarkozy : C’est un oiseau, Sylvana. C’est un portrait que Monsieur Cardin voulait absolument, il est venu découvrir son tableau, il fallait que cela lui ressemble.
Photos : DR









