Portrait d’un jeune artiste suisse : Stéphane Ducret
Stéphane Ducret, artiste plasticien contemporain, est né à Lausanne. Il a étudié à l’école supérieure d’arts visuels de Genève ; diplômé en 1996, il a fait sa première exposition il y a 15 ans, puis dirige un département et enseigne à l’école d’art de Lausanne, tout en continuant son travail artistique.
De 1999 à 2001, il séjourne à New York, ville qui lui a ouvert les yeux et qui a eu une grande influence sur son idée de la mode et du design.
Stéphane Ducret cultive un côté dandy, toujours griffé de la tête aux pieds et à la pointe de la mode, il place aussi l’esthétisme et le beau dans son style artistique.
Ces premiers travaux sont des acryliques sur bois peintes à la main recouvertes d’un vernis, façon collage de Matisse ; chacun de ses tableaux est terminé par une couche de résine.
Il travaille par la suite ses créations sur logiciel informatique et utilise dans ses tableaux abstraits le vinyl, afin de faire ressortir les couleurs dans le cadre d’une recherche d’harmonie.
Son travail actuel est une sorte de message : « Il faut passer plus de temps avec les grands chefs d’œuvres de l’histoire de l’art : « En effet un visiteur ne s’attarde jamais plus de 7 secondes devant une œuvre ».
À l’heure du zapping, Stéphane Ducret travaille sur des œuvres pixélisées à outrance qui reprennent de grands classiques de l’histoire de l’art comme Monet et Manet.
Si Stéphane est un artiste plasticien contemporain, les références aux grandes heures de l’histoire de l’art sont très présentes dans ses travaux.
Il s’inspire beaucoup de la réinterprétation de la Joconde par Marcel Duchamp.
Par la photo, il «modifie le tableau original en enlevant les détails et en augmentant la pixellisation ». Ces carrés de couleur donnent une nouvelle dimension à l’œuvre, et apporte un effet optique qui interpelle.
« J’ai pour vocation de rendre accessible à un plus grand nombre de personnes toutes ces œuvres, car elles ne sont ni disponibles, ou parfois ni accessibles sur le marché de l’art ».
Stephane Ducret est aussi un businessman : il a répondu à plusieurs commandes de sociétés dans le cadre de leur identité visuelle, il a habillé des bouteilles d’eau minérale en y incorporant son travail.
Artiste fasciné par la mode, il a aussi décliné toute une ligne de prêt-à-porter : T-shirts, casquettes etc. Il a d’ailleurs son propre site de vente en ligne, www.yodelli.ch.
Il a aussi réalisé une table de repassage pour une société suisse … On murmure que Madonna en a fait l’acquisition pour son home londonien.
www.stephaneducret.net
J’ai retrouvé la trace de Stéphane Ducret, installé à Buenos-Aires, en exclusivité pour People & Gotha.
David H. Brolliet : Qu’en est-il de l’art contemporain en Argentine ? Des galeries et des collectionneurs ?
Stéphane Ducret : L’art contemporain est aussi très présent en Argentine, notamment pour bon nombre d’artistes argentins d’un très haut niveau, à l’image de Jorge Macchi qui mène une carrière internationale, et de certains artistes étrangers installés ici, parmi lesquels le suisse Gian-Paolo Minelli. De très bonnes galeries d’art contemporain proposent un mélange d’artistes latino-américains et internationaux, à commencer par la mieux établie, Ruth Benzacar; la plus courue, Zavaleta Lab; et pour n’en citer que quelques-unes, Daniel Abate, Enlace, Dabbah Torrejon, VVV et Braga Menendez. Le Malba qui abrite la collection Constantini, est le musée le plus connu, mais les Centres Culturels Recoleta et Borges peuvent parfois recéler de trésors, comme pour ce dernier qui abrite actuellement une petite exposition préambule à la grande exposition prévue à la fin de l’année 2009 regroupant dans l’entier du musée, la collection d’Esteban Tedesco, l’un des plus importants collectionneurs du pays, avec Ignacio Liprandi. Bien entendu, le pays abrite bon nombre d’autres collectionneurs conséquents, mais ceux-ci aiment garder leur anonymat.
Der Ring
David H. Brolliet : Stéphane, parle-moi des influences de la culture argentine dans ton travail actuel ?
On pourrait dire que les trottoirs cassés, les miroirs décorés placés dans les bus dans la cabine du conducteur (allant parfois jusqu’à la recouvrir entièrement), font partie de mes influences provenant de la culture argentine dans mon travail. Pour le reste, les influences peuvent venir de beaucoup de choses différentes, allant des écrits du philosophe français Michel Onfray, aux visuels des concerts de Madonna, en passant par les fêtes du nouvel-an chinois.
Saphir
David H. Brolliet : Donne-moi un exemple d’une exposition qui t’a marqué ?
L’exposition fin 2006 de Jorge Macchi à la galerie Ruth Benzacar m’a enchanté par son monde absurde. Superbe, très fin et intelligent regard sur des choses simples telles un plan de ville ou le halo de lumière projeté par une ancienne applique murale sur la tapisserie de la paroi où elle se trouve (la tapisserie perdant en intensité au fur et à mesure qu’elle s’éloigne de la lampe, pour terminer par se confondre avec les murs de la galerie).
Wassup












